vendredi 11 octobre 2013

Fausse couche. Le mot est laché


J'avais prévu un billet sur le bilan de mon premier mois de grossesse. Chose rare, j'avais fait un brouillon, ajustant au fil des jours le récit de mes sensations. Il était prêt à être publié.

Et ben non, la vie en a décidé autrement. J'ai fais une fausse-couche.

Ces mots font peurs, ces mots sont douloureux. Pourtant selon mon médecin, un tiers des grossesses "ne prennent pas" et s'interrompent toute seule. Un tiers, c'est énorme.
C'est si banal finalement. Pourquoi rien ne nous y prépare? ça devrait être écrit sur les tests de grossesse: Attention un test positif ne garantis pas l'issu de la grossesse.
On a beau savoir que le risque plane, rien ne vient tempérer cette explosion de bonheur à la découverte du +. Et la chute est d'autant plus douloureuse.

J'aurai du m'y préparer pourtant. il y avait déjà quelques complications en ce début de grossesse. C'était mal partis. Je me suis accrochée à mon espoir comme un naufragé à sa bouée. Alors quand j'ai pu voir sur l'écho que rien n'avais évolué alors que j'aurais déjà du voir un petit quelque chose, j'ai eu un choc.
Un mois d'espoirs, de rêves et de bonheurs réduit à néant.

D’abord, la culpabilité. Qu'ai-je fais de mal pour ce que ça ne marche pas? A cause de moi, le Monsieur ne sera pas papa. Pas encore.

Viens ensuite un drôle de sentiment. J'ai l'impression d'avoir vécu dans l'imposture. Je me suis crue en voie de devenir maman, ce n'est pas le cas. Même si nous en  avions parlé à personne, je me sentais enceinte, je vivais en femme enceinte. Je décrivais mes symptômes au Monsieur avec ravissement, j'étalais mes envies avec plaisirs. Tous ça de quel droit? Mon corps m'a mentis, je me suis mentis. Je n'attend pas de bébé. Il n'y a rien de concret. Juste un œuf, qui n’évoluera pas. Je ne suis pas réellement enceinte. Mon ventre est vide.
Finalement ça porte bien son nom. Une Fausse couche. On y a cru, mais c'est faux., ce n'est qu'une imposture, un pastiche de grossesse, du vent.

Aujourd'hui, je considère d’avantage que j'ai juste un soucis gynécologique. Je pense que le fait que je n'ai pas vu de bébé à aucune échographie y est pour beaucoup.
En un sens, j'ai de la chance que cette fausse couche soit arrivé si tôt. Je n'ai pas réellement perdu un bébé.

Et je pense à toute ces femmes qui n'ont pas eu "ma chance", qui ont pu voir un petit être dans leur ventre, qui ont pu entendre leur cœur, toutes ces femmes qui ont porté la vie, qui sont sincèrement devenues maman, toute ces femmes qui ont perdu un petit bout d'elle même, toutes ces femmes qui ont simplement du se sentir vides et anéanties, je pense à vous.   Je pense à vous de toutes mes forces.

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jeudi 10 octobre 2013

Et le grain de riz s'en est allé



Tu as finalement décidé que nous n'étions pas la famille qu'il te fallait. Tu as décidé de ne pas grandir en moi. Tu n'as pas planté tes racines.

Nous ne t'en voulons pas. Nous sommes justes un peu triste, nous qui t'attendions si fort. Mais ce n'est pas grave. Nous serons d'autant plus heureux lorsque tu seras prêt à nous rejoindre.

Au revoir, mon grain de riz.